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Bouton d’arrêt d’urgence et coupure d’urgence
Appuyer sur un bouton d'arrêt d'urgence ne coupe aucun courant. Le coup de poing ouvre un simple contact de commande. C'est l'appareil qu'il pilote, déclencheur ou interrupteur-sectionneur, qui met réellement l'installation hors tension. Un excellent bouton câblé sur le mauvais organe de coupure ne protège donc personne.
Vous trouverez ici les boutons d'arrêt d'urgence (quart de tour, à clé, en appareillage mural ou à fixer sur pupitre) et les organes de coupure qui les complètent. Le guide en bas de page vous aide à associer les deux sans erreur.
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Un arrêt d'urgence commande la coupure, il ne la fait pas
Le bouton d'arrêt d'urgence se place dans le circuit de commande, pas dans le circuit de puissance. Quand on frappe le champignon, il s'accroche en position enfoncée et ouvre un ou plusieurs contacts. Ce changement d'état est transmis à un organe de puissance : contacteur, relais de sécurité, déclencheur associé à un disjoncteur ou interrupteur-sectionneur à déclenchement. C'est lui qui coupe la charge. Deux installations équipées du même bouton peuvent donc offrir des niveaux de sécurité très différents, selon ce qui se trouve derrière.
Le contact à ouverture, cœur du bouton
Un bouton d'arrêt d'urgence travaille avec des contacts à ouverture, dits NF. Au repos, ils laissent passer le courant de commande. À l'appui, ils s'ouvrent par action mécanique directe : c'est l'ouverture positive, qui sépare les contacts même s'ils ont tendance à coller. Le bouton reste ensuite verrouillé en position enfoncée. Le déverrouiller ne doit pas relancer la machine : un réarmement volontaire reste nécessaire pour redémarrer.
Déclencheur à minimum de tension ou à émission de courant : pourquoi la différence compte
Pour couper un disjoncteur à distance, deux types de déclencheurs existent.
Le déclencheur à minimum de tension (MN) est alimenté en permanence à travers le contact NF du bouton. Si l'on appuie, la bobine perd sa tension et le disjoncteur s'ouvre. Si le câble de commande est coupé, le résultat est le même : le disjoncteur s'ouvre. Le défaut ne passe pas inaperçu.
Le déclencheur à émission de courant (MX) fonctionne à l'inverse. Sa bobine n'est alimentée qu'au moment de l'appui. Prenez un câble pincé par la porte d'un local technique ou un bornier desserré pendant des travaux : avec un MX, rien ne signale le défaut, jusqu'au jour où quelqu'un frappe le bouton et que rien ne se passe. C'est pourquoi le déclencheur à minimum de tension est le choix de référence pour un arrêt d'urgence.
Dans les deux cas, le déclencheur doit appartenir à la même gamme que le disjoncteur qu'il commande.
Choisir son bouton d'arrêt d'urgence
Le déverrouillage
Après l'appui, le bouton reste enfoncé jusqu'à son déverrouillage manuel. Trois systèmes existent :
- Quart de tour : on tourne le champignon. C'est le plus courant.
- Tirer : on tire le champignon vers soi.
- À clé : seule une personne qui détient la clé peut le libérer. On le choisit quand le redémarrage doit rester sous contrôle, par exemple après une intervention.
Le montage
Le format dépend de l'endroit où le bouton sera posé :
- Appareillage mural : le bouton s'intègre dans une gamme d'interrupteurs et de prises, avec des plaques assorties. On le retrouve dans les locaux tertiaires, les cuisines ou les salles techniques.
- Pupitre, porte d'armoire ou coffret : on utilise des têtes à fixer dans un perçage de 22 mm, le standard des boutons industriels. Les blocs de contacts se clipsent à l'arrière.
- Boîtier saillie : le bouton est livré dans son propre boîtier, prêt à fixer au mur ou sur un bâti, sans perçage d'armoire.
L'environnement
Vérifiez l'indice IP si le bouton est exposé à l'eau ou à la poussière (cuisine, atelier, extérieur, zone lavée au jet). Vérifiez l'indice IK s'il risque des chocs. Un bouton d'arrêt d'urgence doit rester fonctionnel après des années de frappes franches, parfois violentes.
Où installer un arrêt d'urgence
Sur une machine, le dispositif se place à portée immédiate de chaque poste de travail et sur chaque tableau de commande. Il doit être visible et accessible sans danger, y compris par une personne extérieure au poste.
Dans un bâtiment, le besoin porte plutôt sur la coupure d'urgence : couper l'alimentation électrique de tout ou partie d'une installation en cas de risque électrique. Chaufferie, cuisine professionnelle, atelier ou coffret de chantier en sont des exemples courants.
Les cas où un dispositif est obligatoire dépendent du type de local et des règles qui s'y appliquent. Faites-les valider par votre bureau de contrôle ou d'après la notice de l'équipement.
FAQ : Les réponses de nos experts
Quel est le symbole de l’arrêt d’urgence ?
Un arrêt d’urgence se reconnaît à son champignon rouge placé sur un fond jaune. Cette combinaison lui est réservée : un simple bouton-poussoir rouge ne doit pas être monté sur fond jaune. Seuls les boutons qui se verrouillent et dont les contacts s’ouvrent par action mécanique directe y ont leur place. Certains fabricants ajoutent sur l’étiquette un logo, comme le triangle inscrit dans un cercle chez Schneider, pour identifier les arrêts d’urgence conformes.
Que dit la réglementation sur le bouton d’arrêt d’urgence ?
Sur les machines, les principes de conception de la fonction d’arrêt d’urgence sont fixés par la norme ISO 13850. Les exigences électriques relèvent de la norme IEC 60204-1, et l’appareil lui-même de la norme IEC 60947-5-5. On retient quatre règles : un organe rouge sur fond jaune, un accrochage mécanique après l’appui, un déverrouillage manuel qui ne relance pas la machine, et un accès facile à tout moment. Dans les bâtiments, la coupure d’urgence relève de la norme NF C 15-100.
Comment protéger un arrêt d’urgence contre un déclenchement accidentel ?
Une collerette ou une garde autour du champignon limite les appuis involontaires. Les normes ne l’interdisent pas, à condition qu’elle ne gêne ni l’accès ni la frappe en cas d’urgence. Pour une intervention de maintenance, des capots cadenassables maintiennent le bouton enfoncé. Mais un arrêt d’urgence ne remplace pas un sectionneur de consignation : il ne suffit pas, seul, à mettre une installation en sécurité pour travailler dessus.
Quelle différence entre arrêt d’urgence et coupure d’urgence ?
L’arrêt d’urgence concerne les machines : il stoppe un mouvement ou un processus dangereux, qu’il s’agisse d’un risque mécanique, thermique ou autre. La coupure d’urgence concerne les installations électriques : elle met hors tension tout ou partie d’un circuit en cas de risque électrique. Un bouton d’arrêt d’urgence à verrouillage brusque peut assurer une fonction de coupure d’urgence. L’inverse n’est pas vrai sur une machine, qui exige un véritable arrêt d’urgence.




