Découvrez le rôle essentiel de la boîte de dérivation dans votre installation électrique. Ce guide pratique vous...
Boîte de dérivation : à quoi elle sert, comment la choisir et l’installer en quelques étapes simple
Boîte de dérivation : à quoi elle sert, comment la choisir et l'installer en quelques étapes simples
La boîte de dérivation (aussi appelée boîte de raccordement ou boîte de jonction) est un boîtier qui sert à regrouper, protéger et organiser des connexions électriques dans une installation. Elle permet de « dériver » un circuit, c'est-à-dire de répartir l'alimentation vers plusieurs points (prises, éclairages, équipements) tout en gardant des raccordements propres et sécurisés.
Son intérêt est double : sécurité et maintenance. En enfermant les connexions dans une enveloppe isolante, on limite les risques de contact accidentel, de court-circuit et d'échauffement localisé. Et en centralisant les raccordements au même endroit, on simplifie énormément les modifications futures et le dépannage (repérage d'un défaut, ajout d'un point lumineux, remplacement d'un câble).
Pourquoi la boîte de dérivation est-elle indispensable ?
Dans une installation électrique domestique ou tertiaire, il est fréquent qu'un même circuit d'alimentation doive alimenter plusieurs points d'utilisation. Par exemple, un seul câble venant du tableau peut distribuer l'électricité vers trois prises murales différentes, ou alimenter cinq points lumineux dans un couloir.
Sans boîte de dérivation, ces connexions seraient réalisées « en l'air », directement dans la cloison ou sous l'isolant, ce qui présente plusieurs dangers :
- Risque d'échauffement : une connexion mal serrée ou oxydée peut chauffer progressivement, jusqu'à provoquer un incendie.
- Risque de court-circuit : sans protection mécanique, les fils peuvent se toucher accidentellement.
- Impossibilité de maintenance : sans accès aux connexions, toute modification ou dépannage impose de casser les murs ou plafonds.
- Non-conformité : la norme NF C 15-100 impose que toutes les connexions soient réalisées dans des boîtes accessibles.
La boîte de dérivation résout tous ces problèmes en un seul geste : elle protège, isole, organise et rend accessible.
Les différents types de boîtes de dérivation
Boîte en saillie (apparente)
La boîte en saillie se fixe directement sur le mur, le plafond ou toute surface plane. Elle reste visible et facilement accessible. C'est la solution privilégiée dans les garages, caves, combles, ateliers, locaux techniques et installations industrielles légères.
Avantages : installation rapide, accès immédiat, modification facile. Inconvénients : esthétique moins discrète, peut gêner dans certains espaces finis.
Boîte encastrée (à sceller)
La boîte encastrée est intégrée dans une cloison, un plafond ou une dalle lors de la construction ou rénovation. Elle reste invisible ou simplement marquée par un couvercle à fleur de surface.
Avantages : discrétion totale, finition soignée. Inconvénients : nécessite une trappe de visite ou un accès clair pour rester conforme, pose plus technique.
Boîte étanche (IP 55, IP 66, IP 68)
Les boîtes étanches disposent de couvercles avec joints, d'entrées à membrane ou de presse-étoupes pour empêcher l'eau, la poussière ou les projections d'entrer. Elles sont indispensables pour les installations extérieures, salles de bain, sous-sols humides, ou environnements industriels exposés.
Boîte DCL (pour luminaires)
La boîte DCL (Dispositif de Connexion Luminaire) est une boîte normalisée spécifiquement conçue pour raccorder un luminaire au plafond ou au mur. Elle intègre un connecteur standardisé qui facilite le branchement et le débranchement des luminaires sans manipuler directement les fils.
Comment choisir la bonne boîte de dérivation
Critère 1 : Nombre de connexions et taille de la boîte
La première question à se poser : combien de câbles et de connexions vont entrer dans cette boîte ? Une boîte trop petite devient vite un casse-tête : fils trop serrés, connecteurs qui se touchent, couvercle qui ferme mal, risque d'échauffement.
Règle simple : choisissez toujours une taille supérieure à vos besoins immédiats. Les dimensions courantes vont de 65 × 65 mm (très petites, pour 2-3 fils) jusqu'à 300 × 300 mm (grandes, pour tableaux de distribution ou zones avec nombreux circuits).
Critère 2 : Environnement et indice de protection (IP)
Pour un environnement sec et intérieur (chambre, salon, bureau), une boîte standard suffit. Pour une salle de bain, cuisine, garage, cave ou extérieur, privilégiez une boîte étanche avec indice IP adapté :
- IP 44 : protection contre les projections d'eau (salle de bain hors zones de projection directe).
- IP 55 : protection contre les jets d'eau (garage, cave, extérieur abrité).
- IP 66 : protection contre les jets puissants (façade extérieure, lavage haute pression).
- IP 68 : protection contre l'immersion prolongée (zone inondable, regard enterré).
Critère 3 : Type de gaines et entrées
Vérifiez que la boîte dispose d'entrées adaptées à vos gaines (ICTA, IRL, tubes rigides). Certaines boîtes ont des opercules pré-percés à découper selon le diamètre, d'autres des membranes souples, d'autres encore des entrées filetées pour presse-étoupes.
Critère 4 : Accessibilité future
La norme NF C 15-100 impose que toute boîte de dérivation reste accessible pour contrôle et maintenance. Cela signifie :
- Pas de boîte noyée dans le béton sans trappe.
- Pas de boîte scellée derrière un doublage sans accès.
- Pas de boîte recouverte de carrelage ou de parquet sans possibilité d'ouverture.
Si vous devez encastrer, prévoyez une trappe de visite, un faux plafond amovible, ou un placard technique. Si vous êtes en saillie, assurez-vous que la boîte reste dégagée (pas de meuble fixe devant, pas d'isolant épais qui la cache).
Installer une boîte de dérivation en quelques étapes simples
Étape 1 : Couper le courant et vérifier l'absence de tension
Avant toute intervention, coupez le disjoncteur du circuit concerné au tableau électrique. Utilisez un testeur ou un multimètre pour vérifier qu'il n'y a plus de tension sur les fils que vous allez manipuler. Cette étape est absolument indispensable pour votre sécurité.
Étape 2 : Choisir l'emplacement et fixer la boîte
Choisissez un endroit accessible, stable et adapté à votre configuration :
- En saillie : fixez la boîte directement sur le mur, le plafond ou une structure avec vis et chevilles adaptées.
- Encastrée : préparez l'ouverture dans la cloison ou le plafond, positionnez la boîte et scellez-la avec du plâtre ou fixez-la avec des griffes selon le modèle.
Veillez à ce que la boîte soit bien stable, de niveau, et qu'elle ne bouge pas lorsque vous tirerez sur les câbles.
Étape 3 : Faire entrer les gaines et dégager les conducteurs
Faites passer les gaines ICTA (ou câbles) par les entrées prévues de la boîte. Si nécessaire, découpez les opercules ou percez les entrées au bon diamètre. Les gaines doivent entrer d'au moins 1 cm à l'intérieur de la boîte pour assurer une protection continue.
Dégagez ensuite les conducteurs à l'intérieur de la boîte en gardant une longueur suffisante (environ 10 à 15 cm) pour pouvoir travailler confortablement et permettre des reprises futures.
Étape 4 : Raccorder les conducteurs avec des connecteurs adaptés
C'est l'étape centrale. Identifiez chaque conducteur par sa couleur :
- Bleu : neutre
- Vert/jaune : terre
- Rouge, marron, noir : phase (ou retour lampe selon le circuit)
Regroupez les conducteurs de même fonction : tous les neutres ensemble, toutes les terres ensemble, toutes les phases ensemble (et retours lampe si circuit d'éclairage). Utilisez des connecteurs appropriés (dominos, Wago, bornes automatiques) pour réaliser les jonctions.
Dénudez proprement chaque fil (environ 12 mm selon le connecteur), insérez-les dans les bornes, serrez fermement (sans excès), et vérifiez qu'aucun brin de cuivre ne dépasse.
Étape 5 : Ranger les fils et fermer la boîte
Une fois tous les raccordements effectués, rangez soigneusement les conducteurs et les connecteurs à l'intérieur de la boîte, sans les plier ni les pincer. Évitez de laisser des fils qui touchent le couvercle ou qui dépassent.
Refermez ensuite le couvercle en vous assurant qu'il se clipse ou se visse correctement. Un couvercle mal fermé laisse passer poussière et humidité, et compromet la sécurité.
Étape 6 : Remettre sous tension et tester
Réarmez le disjoncteur au tableau électrique et testez le bon fonctionnement du circuit : éclairage, prises, équipement branché. Si tout fonctionne normalement, sans scintillement, bruit ou odeur anormale, l'installation est réussie.
Si un défaut apparaît (disjoncteur qui saute, absence de courant), coupez à nouveau et vérifiez vos connexions : serrage, correspondance des couleurs, absence de court-circuit.
Erreurs fréquentes à éviter
- Boîte trop petite : fils serrés, connexions difficiles, risque de surchauffe.
- Boîte inaccessible : non-conforme à la norme NF C 15-100, impossible à dépanner.
- Connexions mal isolées : cuivre apparent, risque de court-circuit ou d'électrisation.
- Couvercle mal fermé : poussière, humidité, corrosion progressive.
- Manque de longueur de fil : impossible de refaire une connexion propre en cas de problème.
- Mélanger les circuits : confusion lors des dépannages, risque d'erreur de repérage.
- Ne pas couper le courant : danger mortel d'électrocution.
Astuces de pro pour une installation durable
Étiqueter et repérer
Prenez l'habitude de noter sur le couvercle (au marqueur permanent) ou sur une étiquette ce que contient la boîte : « Cuisine prises A-B-C », « Éclairage chambre 1-2-3 », etc. Cela facilite énormément les interventions futures.
Prévoir une marge
Si vous avez un doute sur la taille, prenez la taille au-dessus. Une boîte légèrement surdimensionnée ne coûte que quelques euros de plus, mais elle améliore considérablement la qualité du travail.
Utiliser des connecteurs de qualité
Les connecteurs type Wago ou bornes automatiques offrent une bien meilleure fiabilité que les dominos classiques, surtout pour les sections épaisses ou les circuits à forte intensité.
Vérifier régulièrement
Tous les 2-3 ans, ouvrez vos boîtes de dérivation accessibles pour vérifier l'état des connexions, l'absence de corrosion, et le bon serrage. C'est particulièrement important dans les zones humides ou poussiéreuses.
La boîte de dérivation est un élément simple mais essentiel de toute installation électrique conforme et durable. Elle protège vos connexions, facilite la maintenance, et garantit votre sécurité au quotidien. Bien choisie (taille, étanchéité, type d'entrées) et correctement installée (accessibilité, raccordements propres, couvercle fermé), elle vous fera gagner du temps et de la tranquillité pendant des années.
Pour équiper vos installations avec des boîtes de dérivation adaptées (en saillie, encastrées, étanches IP 55 à IP 68, DCL pour luminaires), des connecteurs de qualité (Wago, bornes automatiques, dominos), et tous les accessoires de raccordement nécessaires, consultez materiels-electriques.fr et profitez des conseils de nos équipes pour sélectionner le format et la protection idéale selon votre configuration (résidentiel, tertiaire, extérieur, zones humides). Vos raccordements seront conformes à la norme NF C 15-100 et durables dans le temps.
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